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samedi 30 avril 2011

La révolution belge dans la région d'Ath

Photo : Patrick (blog lescoinsdebruxelles.skynetblogs.be)

La révolution de 1830 est née dans un contexte de crise économique et sociale. L'hostilité aux Hollandais d'une partie des notables a trouvé l'appui du petit peuple, mécontent de sa condition sociale. Cette situation se retrouve dans notre région. Le mécontentement s'exprime dès la fin de l'année 1829 par la pétition qui formule les griefs des Belges. Celle-ci recueille beaucoup de succès à Ath mais aussi dans des villages comme Moulbaix et Meslin-l'Evêque. Le mouvement de protestation prend de l'ampleur en septembre 1830. Il touche aussi bien Chièvres et Lessines qu'Ath. Des volontaires s'engagent dans le corps des patriotes à Bruxelles. En particulier, dans la nuit du 9 au 10 septembre, un groupe de patriotes y emmènent une pièce d'artillerie, le fameux Canon du Mont Sarah. L'événement est toujours commémoré à la ducasse du faubourg en juillet et raconté par un groupe de la ducasse d'Ath. Le mécontentement populaire s'exprime à plusieurs reprises avant que le peuple athois ne s'empare de la caserne et de la place d'Ath le 27 septembre avec l'aide d'ouvriers carriers venus de Maffle et de patriotes venus de Meslin-l'Evêque. Les habitants de Flobecq seront aussi de la partie puisque 25 d'entre eux sont présents à Bruxelles le 27 septembre et qu'une soixantaine participent à la défense de la place d'Ath dès le 27. Lessines fournira aussi des volontaires aux journées bruxelloises de septembre, de même que des communes rurales comme Frasnes-les-Buissenal, Tongre-Saint-Martin, Cambron-Saint-Vincent ou Brugelette. La région a donc largement apporté sa part aux événements qui ont donné naissance à la Belgique en 1830 [...] A la fin des années 60, la ducasse d'Ath traverse une période difficile. Elle connaît des problèmes de figuration et d'organisation. Ceux-ci sont résolus sous l'impulsion d'une équipe de jeunes rassemblés au sein du comité de rénovation du cortège. C'est cette association qui crée en 1975 le groupe du Canon du Mont Sarah rappelant la révolution de 1830. L'introduction d'un groupe nouveau, sans aucune base traditionnelle, sacrifiant au goût de la reconstitution historique, est contestée par les spécialistes. Elle a cependant été acceptée par la population.

Extrait de "Ath et le pays des Collines" de Roger Cantraine et Jean-Pierre Ducastelle, éditions Paul Legrain, 1991.

Merci à Patrick (http://lescoinsdebruxelles.skynetblogs.be) de nous avoir donné l'autorisation de reprendre sa photo du tableau de Gustave Wappers représentant la révolution de 1830.

dimanche 17 avril 2011

Semaine du Souvenir du 30 avril 2011 au 8 mai 2011

Le comité du Souvenir de Mont-de-l’Enclus et du Relais de la Mémoire de Mont-de-l’Enclus propose une semaine du Souvenir avec au programme :



A partir du samedi 30 avril : dans les locaux de la bibliothèque (rue Couture d’Orroir n° 13 à Amougies) une exposition sur le thème « La vie quotidienne à Mont-de-l’Enclus pendant la guerre 1940 – 1945 », organisée par la cercle d’histoire locale de Mont-de-l’Enclus (l’exposition sera accessible jusqu’au 8 mai)

Avec les enfants de l’école d’Anseroeul :

- lundi 2 mai : visite de l’exposition par les enfants.

- mardi 3 mai : visite des enfants de 5ème et 6ème primaire
o le matin : au musée de la Déportation à Malines (caserne Dossin) d’où partaient les convois vers les camps d’extermination nazis
o l’après-midi : à l’enclos des Fusillés à Oostakker (Gand) où furent exécutés les 5 fusillés d’Orroir le 14 juin 1944 et Albert Geenens de Russeignies le 24 août 1944

- jeudi 5 mai : à 14 h 30, devant le monument aux morts de la place d’Anseroeul :
o cérémonie d’hommage avec des témoignages de survivants de l’époque
o pour tous les enfants et leurs parents
o les enfants recevront un drapeau tricolore (un par famille) pour « pavoiser » à l’occasion des journées patriotiques
o lâcher de ballons porteurs d’espoir


Avec le soutien du Gouvernement Wallon
En collaboration avec
l’administration communale de Mont-de-l’Enclus
le comité du « Relais de la Mémoire de Mont-de-l’Enclus »
le cercle d’histoire locale de Mont-de-l’Enclus
le centre culturel du Pays des Collines


Le président
Jean-Paul Béghin
0499.36.28.44 – beghin.jp@skynet.be

Prochainement : d'autres informations sur la cérémonie du Drapeau éternel du 11 juin organisé par le comité du Souvenir de Mont-de-l’Enclus et du Relais de la Mémoire de Mont-de-l’Enclus

Agenda

Du 2 au 8 mai 2011 : semaine du Souvenir organisée par le Comité de la Mémoire du Mont-de-l'Enclus.

Mercredi 4 mai 2011 à 20h : présentation du livre "Comment peut-on être belge?" de Charles Bricman (éditions Flammarion) à la librairie Molière à Charleroi.

Jeudi 5 mai 2011 : participation d'une délégation belge au Défilé de la Libération à Wageningen aux Pays-Bas (org: Comité National Belge du Souvenir).

Vendredi 6 mai 2011 : commémoration du V-Day à 10h30 à Vieux-Leuze et à 14h30 à Leuze-en-Hainaut avec les écoles.

Samedi 7 mai 2011 à partir de 13h : actions de la plate-forme "Niet in onze naam/Pas en notre nom" (contre le nationalisme) à Bruxelles.

Samedi 7 mai 2011 : commémoration du V-Day à Renaix (org: Front Unique Renaix).

Samedi 7 mai 2011 : à la collégiale Saint-Pierre de Leuze-en-Hainaut à 10h, office religieux pour le V-Day et bénédiction d'un buste du roi Albert Ier, suivis à 11h20 par un dépôt de fleurs au monument de Leuze-en-Hainaut et d'une réception à l'administration communale.

Lundi 9 mai 2011 : hommage au Monument National de la Résistance à Liège.

Dimanche 15 mai 2011 : participation des Volontaires 1830 de Thuin à la 357ème Marche Saint-Roch à Thuin.

Mercredi 18 mai 2011 à 20h : présentation du livre "Comment peut-on être belge?" de Charles Bricman (éditions Flammarion) à la librairie Antigone à Gembloux.

Dimanche 22 mai 2011 : journée nationale de la Lys organisée par la Ligue Royale des Vétérans du roi Léopold III.

Samedi 11 juin 2011 : commémoration du Drapeau Eternel à Orroir (org: Comité de la Mémoire du Mont-de-l'Enclus).

Dimanche 12 juin 2011 : 3ème édition de la balade cycliste "De rivier die ons samenbrengt/Ce fleuve qui nous unit" le long de l'Escaut entre Tournai, Audenarde et Gand (org: asbl BPlus).

Samedi 25 juin 2011 : 50ème anniversaire de la section de Gand de la Ligue Royale des Vétérans du roi Léopold III.

Dimanche 17 juillet 2011 : cérémonie belge au Cénotaphe à Londres.

Jeudi 21 juillet 2011 : stands de l'asbl Pro Belgica et de l'asbl BPlus dans la rue de la Régence à Bruxelles.

Samedi 24 septembre 2011 : commémoration du 181ème anniversaire de l'indépendance de la Belgique et défilé historique des Volontaires 1830 dans les rues de Bruxelles (org: Volontaires Bruxelles 1830, asbl Pro Belgica et ville de Bruxelles).

Dimanche 25 septembre 2011 : fête de Wallonie en Flandre (org: asbl BPlus).

Le programme du 8 mai pour Mons et ses sections

Samedi 7 mai 2011

Harmignies

19h15 :
- devant les plaques commémoratives 14-18 et 40-45 (de part et d’autre du porche de l’église) : dépôt de deux gerbes par des représentants des groupements patriotiques ;
- Calvaire (cimetière) : dépôt d’une gerbe par le représentant du Collège


Dimanche 8 mai 2011

Mons-Centre

10h45 : Place du Parc (présence souhaitée pour 10h40)
- sonnerie de Clairons ;
- dépôt de gerbes par le représentant du Collège, le représentant des groupements patriotiques et le Commandant Militaire de la Province de Hainaut ;
- minute de recueillement ;
- allocution du représentant du Collège
Fin de la cérémonie à la Place du Parc et départ, en bus, pour le Mémorial (rue des Barbelés) : dépôt de gerbes par le représentant du Collège et celui des groupements patriotiques.
Ensuite, retour en bus, vers l’Hôtel de Ville et réception au salon des Portraits

Havré

10h00 : rassemblement sur la Place communale et départ du cortège vers le Monument Central (Chaussée du Roeulx) pour le dépôt d’une gerbe par le représentant du Collège.

Jemappes

11h00 : rassemblement face à la maison communal et départ du cortège
- Monument des anciens combattants 14-18 (rue Clémentine) : dépôt d’une gerbe par le représentant du Collège ;
- Stèle de la Liberté (Place Jéricho) : dépôt d’une gerbe par un représentant de la FNAPG ;
- Buste du Roi Albert Ier (coin rue de l’Haume) : dépôt d’une gerbe par le représentant du Collège ;
- Monument des Déportés, Prisonniers et Victimes civiles (à proximité de la rue de Cuesmes) : dépôt d’une gerbe


Lundi 9 mai 2011

Nimy

11h00 :
- Cimetière : dépôt de deux gerbes par le représentant du Collège aux deux Pelouses d’Honneur ;
- Monument aux Morts des Deux Guerres (Place communale) : dépôt d’une gerbe par le représentant du Collège


Merci à Damien Pirmez, membre de Pro Belgica Hainaut, pour ces infos

100ème anniversaire de la Belgique à Rivière



Merci à Yves Roland, porte-drapeau de Pro Belgica, de nous avoir envoyé une copie de l'affiche des festivités du 100ème anniversaire de l'indépendance de la Belgique (1830-1930) dans le village de Rivière en province de Namur.

mercredi 13 avril 2011

Décès de la comtesse Wauthier de Bousies



Nous venons d'apprendre le décès de la comtesse Wauthier de Bousies, née princesse Philippine de Merode. L'an dernier, elle nous avait encouragés lors du lancement du blog de Pro Belgica Hainaut et nous avait envoyé deux articles sur ses ancêtres les comtes Félix et Frédéric de Merode (qui ont participé aux événements de 1830) :

Article sur Félix de Merode
Article sur Frédéric de Merode

Nous présentons nos sincères condoléances à toute sa famille et en particulier à sa sœur la princesse Rosalie de Merode, qui a été la présidente nationale de Pro Belgica pendant de nombreuses années. Ses funérailles auront lieu ce samedi 16 avril 2011 à 11h en l'église de Ghlin (près de Mons dans la province du Hainaut).

De gauche à droite, les princesses Rosalie et Philippine et les princes Roland,
Rodolphe, Robert et Armand de Merode en 1952 au château de Petersheim
(Allemagne), berceau de la famille de Merode

mardi 12 avril 2011

Armorial du Hainaut

Le plus ancien signe héraldique connu du comté de Hainaut est l’écu à trois chevrons du sceau de Baudouin V le Courageux (1171-1195). Le mariage de ce prince avec Marguerite d’Alsace avait réuni une seconde fois le comté de Hainaut et le comté de Flandre qui l’avaient déjà été une première, mais de façon précaire, par l’union de la comtesse Richilde avec Baudouin de Flandre et c’est pourquoi le fils de Marguerite d’Alsace, Baudouin VI de Constantinople (1195-1202) adopta les armes de Flandre. Il semble que ce prince possédait plusieurs sceaux et qu’il se servait, en Flandre, d’un scel et d’un contre-scel équestre aux armes de Flandre, mais qu’à Mons il prenait la croix de Savoie.

En 1212, son successeur, Ferrand de Portugal, portait à la fois, dans son sceau, le lion – en qualité de comte de Flandre – et dans son contre-sceau l’écu chevronné d’or et de sable de six pièces avec en exergue, la mention du comté de Hainaut . On peut donc dire que depuis une époque incertaine jusqu’à la fin du XIème siècle, l’écu du Hainaut fut « d’or à trois chevrons de sable », armes que nous retrouvons dans celles de nombreuses localités hennuyères, telles que Soignies, Cuesmes, Nimy et Maisières, et que ce comté fit ensuite usage des armes dynastiques de ses souverains, c’est-à-dire du lion de Flandre. A propos de celui-ci, une légende – sans fondement historique – prétend que Jean d’Avesnes aurait injurié sa mère, Marguerite de Constantinople, en présence du roi de France Saint-Louis, qui se serait écrié : « Quiconque terni de sa bouche l’honneur de celle qui lui a donné le jour, mérite d’être privé de ses armes et de sa langue » et qui aurait condamné le fils de Bouchard d’Avesnes à supprimer les griffes et la langue du lion de Flandre qu’il portait dans ses armes. Cette brisure déshonorante en fit ce qu’on appelle en héraldique un lion morné.

Jean II d’Avesnes cessa de porter les armes pleines de Flandre et les écartela avec celles du comté de Hollande dont il avait hérité de sa mère, Alice de Hollande, après l’extinction de la descendance masculine du comte Florent IV . Jean II portait en cimier une aigle impériale, empruntée également au blason maternel. Alice était en effet, la sœur de l’empereur Guillaume et il était d’usage que les membres de famille impériale portassent l’aigle dans leur écu ou dans les accessoires de celui-ci.

Guillaume 1er, dit le Bon, eut une fille, Marguerite d’Avesnes, qui épousa Louis de Bavière et les armes hennuyères furent écartelées avec celles de Bavière jusqu’en 1436, année qui vit la fin du règne de Jacqueline de Bavière.

Sous les princes de la maison de Bourgogne, le Hainaut porta des armes semblables à celles de la Flandre, puis, peut-être pour éviter toute confusion, repris sous Philippe le Beau, la combinaison écartelée Hainaut-Hollande. La province de Hainaut porte aujourd’hui encore celle-ci qui se blasonne comme suit : écartelé au 1 et 4 d’or au lion de sable armé et lampassé de gueules, aux 2 et 3, d’or au lion de gueules, armé et lampassé d’azur.



Source : « Armorial des Provinces et communes de Belgique », Max Servais, Éditions du Crédit Communal de Belgique, 1955, Bruxelles

Merci à Bernard Coomans de Brachène, membre et administrateur de Pro Belgica

vendredi 8 avril 2011

Rapport d'activités 2010 de Pro Belgica

La dernière revue trimestrielle de Pro Belgica présente le rapport d'activités de l'année 2010, au cours de laquelle notre association a fêté ses 35 ans. Le 29 janvier, la section de Flandre Orientale a organisé un cocktail de Nouvel An et une conférence du jonkheer Paul de Pessemier's Gravendries.

Notre présidente Jacqueline de Montjoye et notre porte-drapeau Yves Roland ont assisté à la messe annuelle à la mémoire des défunts de la dynastie (17 février), au "Cheese and Wine" organisé par les Volontaires de Bruxelles 1830 (27 février) et aux cérémonies d'hommage aux prisonniers politiques (25 avril).

En mai, des membres hennuyers de Pro Belgica décident de s'unir pour créer ce blog, où chacun peut apporter sa contribution (44 articles au cours de l'année 2010). Valentin Dupont accepte d'en être le webmaster.

Le 5 mai, à l'appel du Comité National Belge du Souvenir, une dizaine de nos membres participent au défilé de la Libération à Wageningen aux Pays-Bas. 100.000 Néerlandais massés de part et d'autre de plusieurs kilomètres de route ont applaudi à tout rompre des anciens des pays ayant participé à la libération des Pays-Bas en 1944. Des membres de Pro Belgica étaient également présents aux cérémonies d'hommage aux victimes de la guerre le 7 mai au Cinquantenaire (en présence du Roi) et le 8 mai à la Colonne du Congrès.

Suite à la démission du gouvernement, Euronews consacre un reportage à la situation politique de la Belgique, en donnant la parole tant aux nationalistes flamands qu'à des représentants du mouvement pro-belge (dont Anthony Millequant, administrateur de Pro Belgica).

Le 16 mai, une manifestation en faveur de l'unité de la Belgique a lieu dans les rues de Bruxelles. Deux administrateurs de Pro Belgica faisaient partie de l'organisation. (lien )

Au matin du 21 juillet, les Jeunes Pro Belgica, vêtus de T-Shirts noirs, jaunes ou rouges formaient un drapeau humain à l'issue du Te Deum en présence du couple royal qui est venu les remercier. (lien). Pendant ce temps, de 7h30 jusqu'à minuit, d'autres membres de Pro Belgica se relayaient à la boutique de vente d'objets patriotiques. (lien)

Photo : Pro Belgica

Notre dévoué porte-drapeau Yves Roland a participé à la Journée Nationale des Porte-Drapeaux le 3 septembre à Bruxelles. (lien)

Le 15 septembre, une délégation de Pro Belgica était présente à Peutie à la journée fraternelle organisée par le Front Unique des Anciens Combattants et Vétérans (FUNACV) dans le but de rassembler les membres des associations membres et en préparation à ce que le FUNACV veut organiser cette année. (lien)

Le pèlerinage et la commémoration des combats de 1830, place des Martyrs à Bruxelles, se sont déroulés le 25 septembre en premier lieu à la Colonne du Congrès par un hommage rendu aux anciens combattants des deux guerres, sous la houlette d'Adrien Lenaerts et de ses Volontaires de Bruxelles 1830. Sous une pluie battante, le cortège s'est dirigé ensuite vers le monument du roi Baudouin au pied duquel notre présidente a déposé des fleurs au nom de tous les participants et en observant une minute de recueillement. Le cortège s'est remis en marche pour rejoindre la place des Martyrs. Après le discours de Jacqueline de Montjoye, les autorités et les associations patriotiques ont déposé des fleurs. La Brabançonne chantée par Peter Broos, président de la section provinciale de Flandre orientale, termina la cérémonie. Le cortège se reforma pour défiler devant le monument et se disloquer à la grand-place. (lien)

Le dernier bulletin de 2010 publie un article d'un porte-drapeau occasionnel, membre de Pro Belgica, qui a assisté avec la présidente début octobre, à Breendonk, à la cérémonie commémorative à la mémoire des victimes décédées à la suite des horreurs commises par les Allemands dans ce fort durant la deuxième guerre mondiale.

Le 11 novembre, comme chaque année, une quinzaine de membres de Pro Belgica a participé avec des drapeaux "couronnés" aux cérémonies devant le Soldat Inconnu. L'après-midi avait lieu au Parlement une séance académique au cours de laquelle deux historiens, un francophone et un néerlandophone, ont exposé leur vision de la première guerre mondiale. S'en est suivi un échange de questions et réponses entre le public et les présidents des Chambres. Ces derniers n'étaient pas toujours à l'aise lors de leurs réponses.

La fête du Roi fut l'occasion pour des membres de Pro Belgica de se retrouver à la salle Reine Astrid du parc Parmentier le dimanche 14 novembre autour de tables bien garnies et patriotiquement ornées. L'ambiance était excellente, comme toujours. La présidente y lut la lettre destinée au Roi. Elle fut signée par tous les participants. Le lendemain, plusieurs membres de Pro Belgica manifestaient leur attachement à la famille royale à la sortie du Te Deum par leur présence avec des drapeaux belges montés sur mâts.

Enfin, le 23 novembre, la présidente et le vice-président se sont rendus au palais royal où ils ont été reçus par le vice-amiral Pierre Warnauts, chef du protocole de la Cour, à qui ils ont remis la lettre au Roi signée par les membres de Pro Belgica, une médaille 180-35 pour le Roi et un foulard Pro Belgica pour la Reine.

Source : revue trimestrielle de Pro Belgica (mars 2011)

jeudi 7 avril 2011

Les provinces belges : le Hainaut




Certains auteurs ont exprimé l’avis que « Hainaut » pourrait venir du celtique Haie, Haig ou Hag, qui signifie forêt et de Nauw (épais, serré). Le pays était effectivement couvert jadis de bois touffus, mais d’autres régions gauloises portaient des forêts, plus épaisses encore que celles du Hainaut et le terme Haig ou Hag n’est pas pour autant intervenu dans la formation de leur nom. Il serait peut être plus conforme à la réalité de constater que le mot Gau ,Gaw ou Gow correspondant au latin Pagus, signifierait dans le langage des francs, district ou canton et de conclure que le « Hanagavensis comitatus » des écrivains latins, qui a par la suite été désigné par les expressions Hannonia, Hagensis, Hagnovium, Henau, Hainaut, fut peut-être tout simplement le Gau – district ou canton – de la Hana, de la Haine (Haina Hagina). La Haina pourrait être « l’eau des herbages » ou « la rivière des bois », ce qui serait vraisemblable puisque l’ancien Hainaut était dans sa plus grande partie recouvert par la Forêt charbonnière.

Les investigations dans le domaine de la langue finnoise porteraient, paraît-il, à admettre pour Haine, nom de rivière, une filiation avec Hanhi (oies) et Hanonia, nom de la région arrosée par cette rivière pourrait venir de Hanhoen (élevage ou abondance d’oies). Or on sait que la Belgique fournissait en abondance des oies à Rome.

Le territoire du Hainaut actuel fut habité primitivement par les Nerviens qui, réunis aux Atrébates et aux Véromandiens et conduits par Boduognat, furent défaits par les légions de César.

Envahi par les Francs, le Hainaut fit successivement partie intégrante de l’Austrasie, du royaume, puis du duché de Lotharingie et, dès le milieu du Xe siècle, du duché de Basse-Lotharingie. Son territoire était gouverné par un fonctionnaire qui portait, depuis 678, le nom de « Comes », d’où est venu le nom « Comte » ou « Gaugraf » en langue franque. Cette dignité, qui fut d’abord personnelle et révocable, ne devint héréditaire qu’au début du Xe siècle.

Accolé au sud de la frontière française, resserré entre la principauté épiscopale de Liège et celle de Cambrai, le Hainaut sembla tout d’abord destiné par être absorbé par ses voisins. Sans doute l’eût-il été si ses comtes n’avaient possédé la meilleure forteresse du temps : leur château de Mons, qui leur permit de résister à toutes les tempêtes et à tenir tête à la maison d’Ardenne que l’empereur avait dressée contre eux .

Ce fut le roi de Lotharingie Charles le Simple qui nomma premier comte héréditaire de Hainaut un petit-fils de l’empereur Lothaire, Régnier au Long Col. Ce personnage, batailleur et indépendant, était le fils de Gislebert, comte des Pays de Masau et de Lomme, qui avait épousé la princesse Ermengarde, puisque le Hainaut faisait partie de la Basse-Lotharingie, qui appartenait elle-même à l’empire germanique, Régnier au Long Col était donc feudataire de l’empereur, mais cette suzeraineté était plus nominale que réelle. En effet, pas plus que les grands feudataires lotharingiens, Régnier au Long Col n’accepta jamais l’autorité impériale que pour autant qu’elle demeure fictive.


Richilde
La chronologie des premiers dynastes hennuyers est fort incertaine. Il semble que Régnier II succéda à son père vers 916. Son fils, Régnier III, devint comte en 932 ; il entra en conflit avec l’archevêque-duc Bruno et l’on croit qu’il mourut en exil, en Bohême, vers 958. L’empereur confia alors le Hainaut à divers personnages qui se nommaient Richer, Garnier, Renaud, Arnould et Godefroid, auxquels le fils de Régnier III, Régnier IV, disputa son héritage. Après une longue guerre aux fortunes diverses, Régnier V épousa Mathilde, nièce du duc de Lotharingie, Godefroid 1er et fit, par ce mariage, disparaître les prétentions de la maison d’Ardenne sur le Hainaut. Il mourut vers 1040 laissant, selon le chroniqueur Jacques de Guise, une fille nommée Richilde, qui épousa Herman, fils du duc de Thuringe. Le comte Herman mourut vers 1051 et sa veuve Richilde épousa en secondes noces Baudouin de Mons, fils de Baudouin V de Flandre.


Baudouin Ier de Mons ou, si l’on préfère, Baudouin VI de Flandre, gouverna le Hainaut avec autant de prudence que de justice et de bonté. Il mourut vers 1070 et son fils Arnould, âgé de 15 ans, devint comte de Flandre et de Hainaut sous la tutelle de sa mère Richilde. Cette première union des comtés voisins ne dura guère : Robert le Frison, frère de Baudouin VI de Flandre, souleva bientôt la Flandre maritime contre son jeune neveu qui périt à la bataille de Cassel, le 23 février 1071. La comtesse Richilde continua une lutte sans espoir contre son beau-frère qui finit par lui laisser le Hainaut et conserva la Flandre. Le fils cadet de Richilde devint comte de Hainaut sous le nom de Baudouin II.

Son fils Baudouin III, qui lui succéda en 1098, épousa Yolande de Gueldre et mourut en 1120. Son héritier fut Baudouin IV, qui mérita le surnom de « Bâtisseur » en fortifiant Mons, le Quesnoy, Binche, Beaumont et Braine-la-Willotte qui changea de nom et s’appela dorénavant Braine-le-Comte. A sa mort, la couronne comtale passa à son fils Baudouin V, appelé « le Courageux » en souvenir de la victoire de Carnière remportée sur le duc de Brabant. Baudouin V obtint de l’empereur Barberousse l’investiture du comté de Namur, érigé pour lui en marquisat et qui releva féodalement du Hainaut jusqu’au règne de Philippe le Bon. Baudouin mit adroitement fin à la querelle entre le Hainaut et la Flandre en épousant Marguerite, sœur de Philippe d’Alsace. Le fils issu de cette union, Baudouin, devint empereur de Constantinople.

Statue équestre de Baudouin VI à Mons (1868)

Il périt sous les murs d’Andrinople et laissa deux filles, Jeanne et Marguerite de Constantinople, qui furent tour à tour comtesse de Hainaut et de Flandre.

Les fils de Marguerite de Constantinople issus de ses deux mariages successifs avec Bouchard d’Avesnes et de Guillaume de Dampierre se disputèrent l’héritage maternel.

En 1256, Saint-Louis arbitra leur querelle en attribuant la Flandre aux Dampierre et le Hainaut aux Avesnes.

Peu satisfait de ce partage, Jean d’Avesnes continua la lutte. Pour fortifier sa position, il conclut alliance avec le duc Henri II de Brabant et il épousa la comtesse Aélide, sœur de Guillaume de Hollande qui, à cause des liens de vassalité assujettissant la Zélande à la Flandre, était hostile aux Dampierre.

Jean II d'Avesnes
Jean d’Avesnes, qui ne fut donc jamais effectivement comte de Hainaut eut 5 fils dont l’aîné se qualifia « damoisel du Hainaut » et fut inauguré compte de Hainaut en 1280, à la mort de Marguerite de Constantinople. Le comté de Hollande, dont il était par sa mère le plus proche héritier, lui échut, lorsque le fils du comte Florent V mourut sans postérité.


Jean II d’Avesnes passa de vie à trépas en 1304. Son fils ainé, Jean sans Merci, ayant été tué deux ans auparavant à la bataille des Eperons d’Or, ce fût le puiné, Guillaume d’Ostrevant, qui devint comte de Hainaut. Ce jeune prince avait pris une part active à la lutte que son père avait soutenue contre les Dampierre. Vainqueur de Flamands à Kadzand et à Zierikzee, il avait soumis le comté de Zélande. Comte de Hainaut, de Hollande, de Zélande et Seigneur de la Frise, il régna jusqu’en 1337 et des réformes d’ordre social réprimant les actions de la noblesse lui valurent le surnom de « Guillaume le Bon ».


Son fils devint comte en 1337, sous le nom de Guillaume II.

Marguerite de Hainaut

Le dernier descendant direct de la maison d’Avesnes fut tué en 1345 et ses possessions passèrent à sa sœur, Marguerite de Hainaut, qui avait épousé l’empereur Louis de Bavière. L’impératrice d’Allemagne vint en personne prendre possession du Hainaut. Elle mourut au Quesnoy en 1356 et son fils devint comte du Hainaut. Deux ans après, il sombra dans une démence furieuse : la régence fut assumée par son frère cadet Albert de Bavière, qui hérita des domaines de Guillaume III l’Insensé à la mort de celui-ci, survenue en 1377 selon les uns, en 1388 selon les autres.


Le fils ainé d’Albert de Bavière et de Marguerite de Lichnitz lui succéda sous le nom de Guillaume IV.

Guillaume IV, qui avait épousé la fille du duc de Bourgogne, Philippe le Hardi, n’eut qu’une fille, Jacqueline de Bavière.


Jacqueline de Bavière
Cette jeune princesse, née en 1401, fut fiancée à l’âge de cinq ans à Jean de Touraine qu’elle épousa en 1415, lorsqu’il fût devenu Dauphin de France. Après deux ans de mariage, son jeune époux mourut, empoisonné par les Armagnacs. L’année suivante, Jacqueline de Bavière, alors âgée de dix-sept ans, convola avec Jean IV, duc de Brabant. Elle abandonna vite son deuxième mari et se remaria aussitôt avec le frère du roi d’Angleterre, Humphroy de Gloucester, qui réclama immédiatement au duc de Brabant les Etats de sa femme. Jean IV se refusa à cette restitution. Il en appela au duc de Bourgogne qui, voyant là un excellent moyen d’ajouter à ses propres domaines des terres nouvelles, soutint militairement les Brabançons dans la guerre qui s’engagea. Gloucester, comprenant que la partie était perdue à l’avance, s’en retourna en Angleterre.

En dépit de ses mariages successifs, Jacqueline de Bavière – qui avait ensuite épousé François de Borselen – mourut sans postérité en 1436. Le comté de Hainaut fut alors englobé dans les domaines de Philippe le Bon et il connut le même sort que les autres principautés belges.

Sous l’occupation française, l’ancien comté de Hainaut devint le département de Jemappes dont la configuration géographique était à peu près celle de l’actuelle province de Hainaut. En 1859, le titre de comte de Hainaut fut conféré au prince Léopold-Ferdinand, petit-fils de Léopold 1er, mais cet enfant mourût à l’âge de 10 ans.

Le 10 septembre 1930, S.M. Albert 1er décida que son petit-fils, le prince Baudouin, porterait ce même titre qui, à l’avenir, sera toujours celui du fils ainé du duc de Brabant. Le prince Baudouin abandonna le titre de comte de Hainaut lorsqu’il hérita de celui de duc de Brabant.

Bernard Coomans de Brachène
Membre de Pro Belgica
Administrateur de Pro Belgica